Guinée: l'orpaillage «anarchique» interdit dans le nord-est, Ouagadougou dénonce l’expulsion de Burkinabè

Ces derniers jours, des milliers d’orpailleurs ont quitté la région de Siguiri, dans le nord-est de la Guinée, zone riche en or qui attire de nombreux ressortissants ouest-africains. Ces départs massifs interviennent après les mesures prises le 2 novembre par les autorités guinéennes pour mettre fin à l’orpaillage illégal. Ces orpailleurs, principalement burkinabè, ont trouvé refuge au Mali voisin, d’où leur gouvernement organise leur rapatriement. Si Conakry justifie sa démarche par la nécessité de préserver l’environnement, Ouagadougou dénonce une opération d’expulsion regrettable.
« Un traitement cruel, inhumain et dégradant »
Pour Ouagadougou, il n’y a pas d’ambiguïté : il s’agit d’une opération d’expulsion de milliers de ses ressortissants par les autorités guinéennes. Mahamadou Sana dénonce même « un traitement, cruel, inhumain et dégradant » qui leur est infligé.
Du côté de Conakry, en revanche, un communiqué conjoint signé par cinq ministères décrit cette opération comme une façon de lutter contre l’orpaillage illégal. Les autorités guinéennes déplorent la dégradation de l'environnement, la pollution du fleuve Niger et de ses affluents, à cause de cette activité très polluante. Et pour faire respecter la mesure d’interdiction, Conakry déploie les forces de l'ordre à Siguiri. Elles vérifient l’identité et la régularité du séjour des personnes présentes sur place.
« L'environnement ne peut être sacrifiée au nom de la fraternité africaine »
Ce jeudi encore, lors d'une rencontre avec les diplomates en poste à Conakry, le ministre guinéen des Affaires étrangères a défendu la démarche de son pays. Pour Morissanda Kouyaté, « la protection de l'environnement ne peut être sacrifiée au nom de la fraternité africaine ». Le chef de la diplomatie guinéenne a à nouveau déploré les dégâts causés par l'orpaillage anarchique à Siguiri, notamment des personnes hospitalisées à cause du cyanure, un produit chimique utilisé par les orpailleurs. Il a également regretté la mort d’animaux, la destruction des forêts et la pollution des cours d'eau. Morissanda Kouyaté précise tout de même, que cette mesure d'interdiction de l'orpaillage ne vise aucune nationalité en particulier.